CV / TARASIEVE 2020
TARASIEVE Gallery

CARNAVALS DES GÉANTS

2020

Suzanne Tarasieve est heureuse de présenter la première exposition personnelle d’Antoine Roegiers à la galerie, intitulée Le Carnaval des géants.

Artiste belge pluridisciplinaire, vivant en France depuis l’âge de trois ans, Antoine Roegiers est diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2007 avec les félicitations du jury et reçoit le Prix Roger Bataille.

C’est justement à l’École des Beaux-Arts qu’Antoine Roegiers entame ce travail autour des maîtres flamands, qui l’amènera à puiser dans les grandes œuvres de Bruegel, Bosch et Rubens, mais aussi chez les peintres et graveurs belges du XIXe siècle, Ensor et Rops. Il utilise différents supports et techniques, parmi lesquels le dessin à la plume ou à l’acrylique, l’animation vidéo et la peinture à l’huile sur bois et sur toile.

Il dialogue ainsi avec les grands maîtres à plusieurs siècles d’intervalle, par le prisme d’un regard contemporain. Il livre une vision personnelle et drôle de ces géants de l’art et entraîne le visiteur dans ses propres rêveries, au cœur de ces riches mondes picturaux.

L’exposition entière s’articule autour d’une œuvre centrale, Carnavals, qui a nécessité à elle seule un an et demi de travail. Il s’agit d’un grand retable comprenant quatre peintures à l’huile sur bois et une œuvre vidéo, inspiré à l’origine du tableau de Pieter Bruegel Le Combat de Carnaval et Carême. Fermé, le retable éveille la curiosité du spectateur, tandis que ses faces extérieures se prêtent à un jeu de symboles et d’humour. Des personnages vus de dos observent une parade mystérieuse. Le spectateur, devenu actif, doit prendre part à la scène et se frayer un chemin dans la foule agitée en ouvrant les volets pour découvrir le spectacle qu’ils renferment.

L’ouverture du retable acquiert ainsi un caractère à la fois cérémoniel et ludique.

Dans ce film, les univers de Bruegel, Bosch et Ensor fusionnent pour ne faire qu’un et donner naissance à une œuvre inédite. Grâce à sa maîtrise et à sa compréhension de ces grandes œuvres, l’artiste développe une approche originale et surprenante. La minutie de son travail se révèle notamment à travers les 48 dessins présentés dans l’exposition, qui constituent la matrice même du film.

Antoine Roegiers se prête également à un jeu de décontextualisation des personnages et des scènes, auxquels il consacre tout l’espace de ses œuvres : ils deviennent ainsi le centre de notre attention. Il confère à ces figures drôles et intrigantes un caractère entièrement nouveau. Cela se traduit par une série de portraits burlesques de visages masqués, de scénettes grouillantes et de paysages oniriques… Mais aussi par des peintures consacrées au mouvement, qui établissent une correspondance avec ses œuvres vidéo. L’imagerie vidéo contemporaine devient alors elle-même un sujet pictural, notamment à travers l’utilisation du flou optique dans le magistral triptyque Le Baiser.

Antoine Roegiers recrée un monde fascinant à partir de l’héritage des maîtres flamands du XVIe siècle jusqu’à Ensor au XIXe siècle, et nous en propose une réinterprétation tout à fait singulière. Il plonge le spectateur dans son propre ressenti, l’invitant à entrer dans le tableau pour lui révéler sa vision unique.

Photographies by Rebecca Fanuele

Suzanne Tarasieve is pleased to present Antoine Roegiers’ first solo exhibition at the gallery, entitled Le Carnaval des géants.

A multidisciplinary Belgian artist who has lived in France since the age of three, Roegiers graduated from the École des Beaux-Arts de Paris in 2007 with honours from the jury and was awarded the Prix Roger Bataille.

It was at the École des Beaux-Arts that Antoine Roegiers began his exploration of the Flemish masters, drawing inspiration from major works by Bruegel, Bosch and Rubens, as well as from the 19th-century Belgian painters and printmakers Ensor and Rops. He works across a variety of media and techniques, including pen and acrylic drawing, video animation, and oil painting on wood and canvas.

In this way, he enters into a dialogue with the great masters across the centuries, viewing their work through a contemporary lens. He offers a personal and humorous interpretation of these giants of art history, inviting visitors into his own reveries within their richly pictorial worlds.

The entire exhibition revolves around a central work, Carnavals, which alone required a year and a half to complete. This large altarpiece, comprising four oil paintings on wood and a video work, was initially inspired by Pieter Bruegel’s painting The Fight Between Carnival and Lent. When closed, the altarpiece arouses the viewer’s curiosity, its exterior panels engaging in a playful interplay of symbols and humour. Figures seen from behind observe a mysterious parade. The viewer, becoming an active participant, must make their way through the restless crowd by opening the panels to discover the spectacle concealed within.

The opening of the altarpiece thus takes on a ceremonial and playful character.

In the film, the worlds of Bruegel, Bosch and Ensor merge into one, becoming an entirely new work. Through his mastery and understanding of these great works, the artist develops an original and surprising approach. The meticulous nature of his practice can be discovered in the 48 drawings presented in the exhibition, which form the very matrix of the film.

Antoine Roegiers also plays with the decontextualisation of characters and scenes, giving them the entire space of his works and thereby placing them at the centre of our attention. In doing so, he gives these humorous and intriguing figures an entirely new character. This takes the form of a series of burlesque portraits of masked faces, teeming scenes and dreamlike landscapes. It can also be seen in paintings devoted to movement, which establish a dialogue with his video works by incorporating the visual language of contemporary video—for example, through the use of optical blur in the monumental triptych Le Baiser.

Antoine Roegiers recreates a fascinating world spanning the Flemish masters of the 16th century through to Ensor in the 19th century, offering an entirely unique reinterpretation of their legacy. He immerses the viewer in his own perceptions, inviting them to enter the painting and discover his singular vision.

Photographs by Rebecca Fanuele